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Elégance et beauté

Beholding Beauty

Anthropologue esthète engagé, porteur du projet "Beholding Beauty" de préservation des savoirs ancestraux, Edwin nous parle de sa passion, objet de ses nombreuses études à travers le monde, et nous présente l’association Amonbê.

La licorne, un symbole de la beauté irréelle

Comment avez-vous acquis votre si grande connaissance de ces savoirs ancestraux ? Lors de mes nombreux voyages de cette dernière décennie, j’ai visité des régions très peu explorées, et j’ai fait connaissance avec leurs populations et cultures. Le but de ces expéditions était de faire des recherches sur le savoir-faire des groupes indigènes et des civilisations disparues au niveau de la cosmétique et de la médecine préventive. J’ai découvert des manuscrits anciens à Tombouctou au Mali, à Tachkent en Ouzbékistan, à Java, au Cambodge. J’ai passé des semaines entières au contact des peuples en Colombie, en Ethiopie, dans l’état d’Orissa en Inde, au bord du Niger ou du Brahmapoutre. J’ai vécu avec des hommes dont le savoir-faire transmis uniquement de bouche à oreille est menacé de perdition, et j’ai recherché des écrits anciens dans les bibliothèques poussiéreuses et autres archives. J’ai constaté sur place que les gardiens de ces savoirfaire, souvent issus de minorités ethniques, étaient harcelés et obligés de s’expatrier ; leurs connaissances passaient aux oubliettes. Ailleurs, des écrits partent en poussière ou sont détruits par des guerres. Dernier exemple en date : la destruction d’une grande partie de la Bibliothèque de Bagdad pendant la 2ème guerre en Irak.

ujourd’hui, quelles sont les actions que vous avez pu mettre en place ? Les oeuvres que j’ai rassemblées ont été triées et répertoriées en collaboration avec l’Université de Würzburg. Elles seront bientôt à la disposition du public. Dans ce but nous avons créé Amonbê, (Association MONdiale de Bien-Être, www.amonbe.org), une association à but non lucratif qui comprend notamment une base de données appelée "Kanon Kosmetika". Cette "bibliothèque virtuelle" sera mise à jour et complétée par des scientifiques, le premier transfert de données par l’Université de Würzburg se faisant le 9 Juin 2007. De plus, cette association a également le soutien de "Global Gardens" (cultures de plantes à substances actives), entretenus par des ONG créées depuis un certain temps. Afin de récolter les fonds nécessaires, nous sommes en contact avec des institutions renommées, des particuliers, et surtout avec des laboratoires cosmétiques, afin de leur demander leur soutien financier, social et éthique.

Quels sont vos objectifs à moyen et long terme ? Nous essayons de créer un lien entre le savoir-faire des anciens et les technologies modernes, afin de permettre aussi bien aux associations à faibles moyens qu’aux associations bien implantées, comme Amonbê, d’avancer dans ces recherches. Nous comptons parmi les membres actifs d’Amonbê des spécialistes internationaux des domaines d’Anthropologie, d’Ethnobotanique, d’Histoire, de Médecine, d’Archéologie, de Chimie, d’Aromathérapie, ainsi que de vrais Chamanes. Nous allons lancer une campagne publicitaire sous le nom de "Beholding Beauty" afin d’attirer l’attention sur le fait que le monde est en train de perdre cet héritage ancestral et intellectuel. Vous trouverez des informations complémentaires sur le site www.beholdingbeauty.org. Je pense que seule une action globale permettra la compréhension de ce problème mondial, et d’y remédier.